Découvrir le monde, Récit de voyage

🚐 Accepter d’être une famille nomade, épisode 1🚐

Je vais vous compter nos aventures à partir de mai 2017. Pourquoi cette date ? Car ça a été un tournant dans nos vies, la fin d’un cycle, le début d’un nouveau.

La vie de la famille avant mai 2017, petit flash-back

Que s’est-il passé avant cette date ? Nous avons commencé une vie alternative en février 2014 le 14 précisément avec l’achat de notre camping-car. Non ce n’était pas notre cadeau de St Valentin, mais juste la date de la livraison. Nous sommes partis en vadrouille avec, un peu partout, en bon camping-cariste du dimanche. Bon, nous connaissions déjà ce mode de voyage, car nous avions eu auparavant des camions aménagés.
Mais punaise, nous avons gagné indéniablement en confort et à 4 il nous fallait un véhicule plus grand. Je me suis donc laissée dissuader par mon mari sur l’achat d’un camping-car. Il voulait un intégral, je souhaitais une capucine, ça sera une capucine. Faut bien que le mot de la fin soit pour nous quand même.
Nous avons commencé notre aventure avec un Villamobil de 2008 sur porteur Ford, avec des lits superposés pour les enfants.

En juillet de la même année, nous décidons de louer notre maison sur Airbnb le plus souvent possible et vivre dans le camping-car (en utilisant le lien Airbnb, vous bénéficiez de 25€ sur votre premier voyage et moi 15€). Nous aimions cette vie à 4 dans ce cocon, nous avions récupéré la maîtrise de notre temps. Nous habitions dans l’Hérault à l’époque et louer sur de longues périodes, toute l’année notre maison n’était pas compliqué.
Au final, je me rends compte que nous étions parfois en vacances dans notre propre maison en pierre et chez nous dans notre camping-car.

Nous partions au travail le matin normalement, comme vous en somme, qui vivez dans votre maison en étant sédentaire, mais le soir au lieu de rentrer dans une maison de pierres nous rentrions dans une maison mobile. Suivant nos envies, nous allions nous poser à un spot en semaine que nous aimions bien, l’étang de Bages, le lac Salagou, Villeneuvette, des coins secrets non loin de Laverunes, voir à la plage à côté de Vias, une place vraiment juste à côté d’une dune, les pieds presque dans l’eau. C’était génial de se réveiller avec le plus grand jardin du monde devant soi, pouvoir se ressourcer ainsi, grâce à la nature avant notre journée de travail.
Puis le weekend nous partions à la découverte de notre France voir du nord-est de l’Espagne. Nous avons adoré notre vie ainsi, une vie un peu bohème, mais tellement vraie.

Puis, petit à petit nous en avions marre de devoir rentrer et nettoyer la maison en pierre afin qu’elle puisse encore accueillir de nouveaux locataires. Oui bien sûr cela nous a rapporté de l’argent, mais nous glissions vers une autre liberté et c’était une corde qui nous maintenait attachés.
J’ai conscience que l’argent est important, qu’il fait tourner beaucoup de choses, je ne crache jamais dessus et je n’aime pas les phrases toutes faites que l’argent ne fait pas le bonheur. Mais l'argent, ce n’est qu’un outil pour un but autre, juste un outil. Notre but autre ne nécessitait par ce gain d’argent.
C’est ainsi qu’en novembre 2016 nous avons pris la décision de vendre notre maison, nos meubles, notre seconde voiture, tous nos biens (sauf le camping-car) nous étions aux yeux de la société des SDF, bien lotis par contre, je vous l'accorde et surtout choisi. À moitié sédentaire pour le travail, à moitié nomade de par notre maison roulante. Une moitié bâtarde au final, cela laisse trop de place au vide d’un côté et de l’autre, il faut choisir son camp à un moment. D’ailleurs, est-ce que l’être humain supporte le vide ?

Vider et vendre toutes ses affaires est une expérience particulière. Je pense que nous le vivons chacun à notre façon et quand c’est issu d’une décision et non subit, je pense que c’est une délivrance. Dans notre cas, ce fut à chaque meubles disparus, une libération de plus. Comme si le poids de la société de consommation qui nous a comme beaucoup régi durant des années nous frappait d’un coup  d'un seul dans la figure et que nous avions besoin de nous purifier pour passer à un autre stade. J’étais de mieux en mieux et je me sentais légère, presque même exceptionnelle et au-dessus de tout.

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Avant cette transition j’avais du mal et j’étais presque honteuse d’expliquer publiquement notre mode de vie. Je me rends compte avec le recul que j’étais responsable de beaucoup des remarques, de cette méchanceté gratuite que nous avons subi tous les 4. Les gens ne nous demandaient par pourquoi nous vivions ainsi, ils interprétaient et ont fait malgré eux beaucoup de mal. Néanmoins j’en étais responsable, je n’arrivais pas à assumer publiquement nos choix et je me rends compte que je le disais à moitié. Le fait de ne pas être sure et droite dans ses bottes par crainte d’être jugé ou plutôt que les gens se disent que nous vivions en camping-car par nécessité, influe dans leur esprit une image tronquée, je pense, même un fantasme, j’ai laissé trop de place à leur imaginaire. Et soyons honnête, la différence ne plait pas, je pense même pouvoir aller plus loin où beaucoup de personnes aiment voir l’échec chez autrui, peut être pour personnellement se sentir meilleur. Ce fut notre cas et surement parce que justement je n’étais pas franche et assumée.
Au final, j’avais peur de ne pas être quelqu’un qui réussisse aux yeux de la société. Est-ce de la superficialité ? De la prétention mal placée ? Je ne sais pas, je ne me suis pas penchée sur cette question, d’ailleurs ça, ce serait intéressant de l’analyser. Surtout qu’au départ de cette vie j’étais encore gestionnaire en patrimoine. Toute la journée je côtoyais des personnes, des associations, qui étaient le modèle de réussite comme on l’entend dans notre monde occidental.

Cette transition m’a permis de muter, de changer ma vision sur le monde, de revenir à l’essentiel. Aujourd’hui, j’ai même du mal à comprendre comment j’ai pu être si différente il y a si peu de temps. Comment ai-je pu durant plus de 10 ans de ma vie participer à ce système financier ? À enrichir encore plus, les plus riches, à accepter d’aider des associations sans but lucratif à pourtant gagner des sommes incroyables avec l’argent de l’état, des adhérents... Bien que personnellement aujourd’hui j’ai honte de ce système et d’y avoir participer, je ne me permettrais pas de cracher dessus. Je connais très bien l’économie qui continue de me passionner et cette perversité est encore importante malheureusement pour faire tourner notre monde. Des solutions il y en a mais à quel prix? Sommes-nous prêts? J'en doute. C’est un paradoxe, mais je me rends compte qu’une nouvelle fois je m’étale sur un sujet qui n’est pas le nôtre à cet instant. C’est juste qu’aujourd’hui cette page de ma vie est tournée ou plutôt ce livre est fermé et j’en suis bien plus heureuse ainsi. Il est ici le plus important.

Quasiment au même moment de la décision de la vente de la maison, nous avons décidé de vivre pleinement nomades. Surement parce que les cordes qui nous retenaient étaient de moins en moins nombreuses. Pour faire une analogie, c’est comme si vous reteniez un gros ballon à plusieurs et tout d’un coup vous êtes seul avec votre corde. Soit tu te fais emporter, tu regardes tout d'en haut, spectateur et non acteur, soit tu lâches tout d’un coup et tu regardes ce magnifique spectacle de la fin d’un moment, tu peux même lui dire au revoir. Nous avions choisi de tout lâcher et admirer le spectacle, je crois même que nous avons dit adieu à cette vie.
Nous, avions déjà commencé cette transition avec pour ma part des formations en rédaction web. Je le savais au fond de moi, je le fantasmais même, mais Dimitri avait encore besoin de temps pour vraiment vivre loin, sur les routes, sans les repères qui nous ont rassurés durant des années. Ce n’est pas simple de vivre alternativement, c’est tout un chemin personnel à faire dans nos têtes, bien qu’après je vous l’assure vous vous rendez compte que beaucoup de choses sont bien plus simples ainsi.
Il nous aura fallu 3 ans quand même à ne pas vouloir s’affirmer pour ce que nous étions, une famille atypique qui vit alternativement, des néo nomades, heureux de l’être.

Bon, il faut dire aussi que des événements personnels nous obligés à être proche de la France, Quentin a une malformation cardiaque avec durant des années beaucoup de soins, de la kiné, de la sensori motricité, de l'orthophonie et des bilans en tout genre. Cassandre avait des diabolos à cause d’otites à répétitions que nous devions enlever en mars 2017, et puis elle est née le 26 mars 2014, elle n’avait que quelques mois au départ, il fallait la laisser grandir. Puis des petites choses médicale me concernant...
Ce fut une bonne chose, nous avons grandi sans laisser place à des doutes, prenant les décisions naturellement sans précipitation, cela nous permet aujourd’hui d’être dans un équilibre mental total, sans peur, sans hésitation et ça quant même c'est le gros kiff pour être dans le vent.

Pour toutes ces raisons en décembre 2016, en plus de vendre la maison nous décidons de vendre le magasin. En février 2017 la maison est vendue, un nouveau camping-car plus pratique est acheté, un pilote de 2012 sur porteur Fiat, j’y reviendrais peut être sur pourquoi nos choix de véhicule, une double dinette, mais toujours en capucine avec lit superposé pour les enfants. En mars 2017 le magasin est vendu, une nouvelle vie devant nous, pleine d’espoir.

Ces 3 années alternatives n’ont pas été vaines, elles nous ont permis de partir avec toutes les informations, avoir un équipement incroyable pour vivre en totale autonomie, nous avons découvert une grosse partie de la France, une belle partie de l’Espagne. Et il faut avouer que notre pays est fantastiquement beau. L’aventure avait commencé et nous avait déjà transformés, mais ces dates ne sont que l’affirmation, l’acceptation pleinement de nos vies. Je n’ai pas de dates précises de notre changement de vie comme beaucoup de néo nomades aiment à prouver. À quoi bon ? Je suis juste pleine d’expériences diverses et variées, c’est justement cela que je souhaite partager avec vous. Ma propre expérience, ressentie vis-à-vis d’une vie atypique. Nous n’avons rien inventé, le nomadisme existe depuis toujours, je n’ai rien d’exceptionnel, je me permets d’être ce qu’au final est l’être humain. Soit, un être pensant libre et acteur de sa vie. Peut-être que nous ne faisons qu’oublier les codes génétiques de notre espèce?

Ces 3 années à la découverte de la France ont permis à Cassandre de grandir, à Quentin de diminuer progressivement ses soins et nous de prendre le relais en tant que parents/soignants. Dimitri quant à lui, a gagné confiance en cette vie sans repère et moi de continuer ma mue. Je suis fière de nous 4, vraiment, de cette reconnexion avec nous, nos besoins, nos envies, nos rêves que nous réalisons sans les emprisonner.

Nous voilà arrivés naturellement en avril 2017 à finir les papiers de clôture de notre SARL, faire un bilan avec l’académie des progrès de Quentin, finir les travaux du nouveau camping-car (poser les bouteilles GPL, finir les toilettes sèches, monter la batterie, rajouter les panneaux solaires, le démodulateur pur sinus...). Un mois bien remplis et tellement excitant.

Et puis, l’élaboration en grosse ligne de notre itinéraire, nous ne repasserons pas par la France avant un moment, Italie, Slovénie, Autriche et les pays de l’Est, ça, c’est sur le papier. Que s’est-il vraiment passé, au final ? Sans spolier, la réalité va comme toujours être bien différente.

Mai 2017, nous assumons, le vrai départ.

Nous n’avons pas vu grandir la petite cousine de Dimitri, nous voulons vraiment rencontrer cette pitchounette de 4 ans à l’époque. Nous passerons alors par Nice pour les voir et puis c’est sur la route. Profiter de cette famille que nous n’avons pas vue depuis plus de 2 ans, faut dire que nous étions très occupés, non ce n’est pas vrai, ça c’est l’excuse. Au final nous voulions être occupés et nous étions tiraillés.
Avec la vie que nous menons aujourd’hui je me rends compte que toutes les décisions ce sont des choix que nous faisons, bon ou mauvais, la n’est pas la question, mais nous sommes responsables de toutes ces petites choses. Nous pouvons toujours trouver une solution, c’est une question de motivation et de volonté. Nous devons trouver le compromis entre égoïsme et altruisme. Tiens c’est bien vrai ça, une vie réussie est, je pense, bien placer le curseur entre ces 2 antipodes tout au long de sa vie suivant ses besoins personnels et ceux des personnes que nous aimons. Tout comme l’humain n’aime pas le vide, il se doit de trouver son équilibre et de la, arrive la paix avec soi.

Nous sommes plus à même d’assumer enfin cette vie que nous vivons depuis si longtemps, de l’expliquer. Au final, nous nous rendons compte que les gens nous encouragent plus qu’ils nous jugent. Ainsi les relations avec les gens sont beaucoup influencées par la façon dont nous présentons les choses. Nous en sommes devenus fiers et depuis cette date nous n’avons plus jamais caché, voir même au contraire, nous avons revendiqué le fait de vivre alternative. Un nouveau regard s’est alors posé sur la société en entier, une nouvelle envie nous a animés tous. Nous sommes devenus d’un coup d’un seul maître de notre quotidien, de notre temps, de nos choix, de notre vie en somme. Nous venions de planter la graine de Le Monde Plein Les Yeux, il fallait encore la laisser germer, ça durera encore une année.

En bonne organisatrice je savais tout ce qu’il fallait que nous visitions, découvrions. Nous ferons l’Italie du Nord ouest en descendant en suivant la côte et remonterons par l’Est de l’autre coté. Olala toutes les belles découvertes ou redécouverte. J’avais fait l’Italie en Road Trip en 2007 avant la naissance de Quentin, j’en gardais un super souvenir, mais là nous le faisons en famille.
Depuis la naissance de Cassandre et notre vie alternative, nous avons pris la décision de mettre le compteur à zéro de nos voyages et les écrire à 4. Nous avons eu la chance de faire de merveilleux voyages avec Quentin ou juste individuellement. Mais aujourd’hui, notre envie et ce qui nous motive, c’est la découverte du monde en famille, se créer tous les jours des souvenirs tous les 4. Nous savons que la configuration de notre famille restera ainsi, alors dans nos têtes un nouveau livre s’est ouvert et nous écrivons maintenant sur celui-ci, ayant fermé les autres peut-être à tout jamais.

Voilà le plan est fixé, mais comme toutes les belles histoires il ne va pas se passer exactement comme prévu, nous allons avoir des péripéties, des imprévus, du suspens... Pourtant tout sur le papier était parfait et ça a plus ou moins bien commencé. 1 an après j’en garde un bon souvenir même si la fin de l'Italie me laisse un goût amer en bouche. Voici le début de ma série de récits de voyage, c’est une belle mise à nue. Que dire encore alors ? Surement juste, à suivre...

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Avec vous,

Stéphanie.

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